Le 21 janvier 2020 le monde de la musique a connu un événement marquant mais pour l’instant peu remarqué : la sortie du premier album de Bandaid Brigade surnommé I’m Separate.
Bandaid Brigade est le side project de Zach Quinn (PEARS) et Brian Wahlstrom (Gods of Mount Olympus, Scorpios), avec l’implication de Paul Rucker (Gods of Mount Olympus, Armchair Martian, Street Dogs), Chris Fogal (The Gamits) et Erich Goodyear (PEARS). Et surtout, c’est un premier album autoproduit.

La première fois que j’ai essayé de décrire ce qu’était ce groupe, j’ai dit « C’est des mecs qui font du punk mais là ils font de la musique des années 80 » et c’était objectivement une description horrible. Je vais donc m’atteler à une description rendant justice à ce groupe que, j’espère, vous allez alors adorer autant que moi. Je crois que je n’ai pas toutes les références musicales pour l’analyser correctement, mais vous savez quoi ça ne m’a pas empêché d’adorer l’album (et aussi vous êtes sur Frites & KK). 

Parmi les choses que j’apprécie le plus musicalement, c’est de voir les vétérans d’un genre musical donné s’aventurer au-delà des limites et des conventions dudit genre et faire exactement ce qui leur plait. Parfois, ça donne des albums pourris. Parfois, ça donne Bandaid Brigade.

Bandaid Brigade – I’m Separate (pochette de l’album)

Bandaid Brigade, c’est pas mal de riffs classiques punk et rock, mais aussi du synthé, des sonorités disco, des jolies voix et surtout une énergie rare et sincère, répartie entre les différentes variations de ton et de tension. Une énergie sincère qui se manifeste par une musique entraînante, composée et enregistrée directement avec les tripes des musiciens. C’est également l’occasion de découvrir, sauf si vous connaissez déjà son projet solo produit par One Week Records, que Zach Quinn a une voix d’ange, parfaitement accompagnée de celle de Brian Wahlstrom qui a par ailleurs une formation de chanteur d’opéra. Le tout avec une production carrée, un son impeccable et un album pensé et structuré comme une oeuvre complète, structure qui séduira les personnes qui, comme moi, préfèrent écouter la musique par albums.

L’album commence par Everything, un morceau annonçant joliment mais modestement l’énergie de l’album et avec un crescendo rétro en début de chanson, et enchaîne sur une suite fluide et harmonieuse de tubes. Travel Light, le premier single du groupe, catchy et disco découle sur Attila, un repentir lyrique inspiré du point and click The Dig sorti en 1995. Tandis que Stay Busy vous caresse sensuellement, Treat Me Like a Christmas Tree se prépare à vous électrocuter doucement avant de laisser place à Losing Light qui vous retourne et vous secoue chaleureusement. Après l’entracte morose qu’est I Think It’s Going to Rain TodayHolding Steady illumine l’atmosphère d’un ton léger et optimiste accompagné de saxo. La tension (re)monte subitement avec l’émouvant Break the Grid avant d’exploser avec le déchirant Nothing Matters. [SPOILER] L’album contient également la piste cachée Butt Train, une croisade musicale et humoristique achevant par ailleurs la setlist de chaque concert du groupe. 

Bandaid Brigade au Club à Malines – Gresle Photography

Sur scène, le groupe offre une prestation pro et énergique, avec une quantité accrue d’humour mais aussi d’amour. Le charisme des membres mais surtout la douceur de leur attitude les uns envers les autres et leur évident plaisir de jouer, en plus de la musique elle-même, conquièrent aisément le public. 

Je vous invite donc à aller massivement écouter l’album I’m Separate, dispo sur Bandcamp et les autres plateformes de streaming. 

À écouter très fort et en boucle.

Crédit photos : Gresle Photography

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